30 septembre 2005
Pensée du vendredi
Chaque semaine, c'est pareil. Le vendredi a intérêt à passer vite. Ma première pensée de ce jour va droit à mon prochain réveil. Celui du samedi. Car le sommeil du samedi est celui qui s'éternise, celui qui prend son temps, autorise à ouvrir les yeux et à les refermer si l'envie est là, puis se termine en douceur pour laisser place à une journée rien que pour soi.
Le samedi, le réveil-matin se tait, et épargne mes oreilles de ce bip-bip infatigable qui m'accompagne depuis près de vingt ans désormais. Il n'y a plus horaire, plus de contrainte sinon celle, agréable, de se faire plaisir.
Une vraie vie de chat.
28 septembre 2005
Poids lourd
Habiter dans un immeuble réserve toujours de jolies surprises.
Il peut se passer des jours sans croiser personne, même si l’on saisit en plein vol la scène de ménage du voisin avec sa femme qui pleure, ou le cri du bébé qui s’éternise et hoquette à force d’être bercé de plus en plus énergiquement par une mère épuisée qui n’a toujours pas compris comment couper le courant de cette machine hurlante. Comme chaque jour, le chat tente de se faire la malle à peine la porte ouverte, mais il arrête sa fugue à hauteur du paillasson, réfléchit quelques secondes, le temps de faire le tour de son cerveau dans toutes ses largeurs, puis tourne les pattes, et revient tranquillement à l’essentiel. Sa pâtée, sa couverture avec souris factice intégrée, et sa litière.
On sent que la vie est là, parfaite dans sa banalité et dans sa routine. Jusqu’au jour où un nouveau débarquement s’organise. Le soir tard, après une journée de travail tendue. Avant l’avachissement tant attendu sur un canapé moelleux et réconfortant, les escaliers vous attendent. L’ascension du Mont-blanc force 7. Rien n’est là pour vous soutenir dans votre effort, car même la rampe ne sert à rien. Bancale comme elle est, vous risqueriez de redescendre aussi sec, le vertige en plus.
Ce soir-là, tandis que je fais ma première pause au rez-de-chaussée, la porte d’entrée derrière moi grince et bute violemment sur le mur. La famille Fracasse met visiblement ses pieds pour la première fois dans l’immeuble. A grand renfort de décibels. Ils sont trois et demi. Un gaillard bâti comme un ours et gras comme une otarie, la casquette vissée sur son sommet, porte une énorme valise rouge dans une main, un hot-dog coulant dans l’autre. La bouche pleine, il hurle aux deux et demi derrière lui « il est où l’ascenseur ? ». Les deux femmes qui l’accompagnent, sans doute sa mère et sa sœur, rondes comme des globes terrestres, s’agitent en rougissant à vue d’oeil. Elles l’écoutent à peine, prises dans leur bataille entre les paquets qu’elles transportent, et la laisse de leur demi-portion de teckel qui s’est coincée dans le montant la porte, tandis que le chien miniature couine et s’essouffle.
J’explique au mastodonte arrivé à ma hauteur que d’ascenseur, il n’y a point. Il n’en croit pas ses yeux et sort un « fuck » tout à fait inattendu, auquel l’écho de la cage d’escalier répondra « ça ne te fera pas de mal », tandis que la rampe en tremble par avance. Ladite rampe se prendra beaucoup de coups, résistant tant bien que mal aux attaques de valises.
Mon énergie restante se mobilise et me dit d’avancer au plus vite, et c’est en trombe que je grimpe la falaise. Le teckel lâché dans la nature me rattrape, heureux d’avoir trouvé un nouveau partenaire de jeu. S’il m’attaque les jarrets, je n’hésiterai pas à le balancer entre les barres de la rampe, vu sa largeur, c’est sûr que ça passe. Quant au chat, s’il me voit en sa compagnie, je suis bonne pour une crise de jalousie.
Une fois chez moi, je les entendrai monter lourdement les marches, les femmes hurlant « Jordan » comme des affamées. Le fracas final s’arrêtera devant ma porte. Ou plutôt en face. Dans l’appartement qui me casse les oreilles depuis quatre mois à force de rénovation extrême. Une nouvelle porte va souffrir. Celle qui est toute neuve. Ouverte violemment par celui qui me semble être le fameux Jordan. Tandis qu’il reprend son souffle, il lâche un « Yeah ! » plein de ketchup. « Tu es heureux mon chéri ? » demande sa mère au bord de la syncope. Bouffi ne répondra pas, bien trop occupé à s’essuyer les doigts sur les murs blancs. « Jordan ? ».
A cet instant, je comprends que je viens de faire connaissance avec mon nouveau voisin. Et qu’il ne s’appelle pas Jordan.
Jordan, c’est le nom du teckel. Qui vient de prendre mon paillasson pour des toilettes de luxe.
23 septembre 2005
Déchéance d'une star
Louloutte est une star. Une comédienne. Qui comme toute comédienne doit faire face aux bides, aux ratages, et autres dérapages imprévus. La gamelle de mercredi était hors catégorie. Une perle dans notre histoire. Un jour de honte pour elle que son orgueil de chat aura bien du mal à surmonter.
Depuis deux jours, elle prend son air hautain et fier le jour. La nuit, elle vient discrètement poser sa tête sur la mienne, n’imaginant pas une seconde que son ronronnement rassuré me fait hausser du sourcil.
Mercredi dernier, Louloutte s’est vautrée. Dans la baignoire. Presque pleine. Avec moi dedans.
Mon chat aime marcher sur le rebord de ma baignoire, elle s’y pose acrobatiquement pendant que je me lave, aussi fascinée que pétrifiée par cette eau qui coule, mousse et fond sous ses pattes. Une goutte l’atteint sur le poil et elle est déjà sous le lit. Une vraie trouillarde. Qui se prend pour une cascadeuse hors pair.
Pourtant ce jour-là, son instinct d’animal a pris le dessus. Tout ça pour une mouche. Une stupide mouche noire grasse, profondément mesquine, est venue voler dans la salle de bain embuée, titillant les oreilles de Louloutte. Qui la tête dans le plafond, en a oublié son équilibre précaire. La voilà qui glisse sur le rebord mouillé, et c’est avec infiniment d’incompréhension au fond des yeux qu’elle s’est vue faire le saut de l’ange, en beaucoup moins gracieux, pour atterrir avec un plouf paniqué dans l’eau du bain.
Attraper un chat qui s’agite, tente d’agripper les parois de la baignoire en y plantant des griffes aussi aiguisées qu’inutiles, tandis que votre main tient la paume de douche que l’autre a fini de vous transformer en bonhomme en mousse est mission impossible. Il faut tout lâcher, calmer sans résultat Louloutte qui miaule de peur et refuse net votre aide (car l’orgueil est toujours là quoi qu’il arrive). L’attraper sous le ventre et jeter le paquet de l’autre côté du radeau.
Le tas trempé se précipite sous le canapé avant même que je n’ai le temps de saisir une serviette. Qui serait tant efficace, mais qui n’inspire plus aucune confiance à ce chat qui en plus vous en veut.
Elle n’a pas bougé de la soirée, tandis que pliée en trois sur le parquet, je tentais d’éradiquer la mare formée par son égouttage naturel.
Depuis mercredi, elle n’approche plus de la salle de bains, et m’assiste dans mes ablutions, assise à la frontière, sur le pas de porte, près des serviettes.
Une chose est sûre. On ne l’y reprendra pas. Quelle que soit la taille de la mouche.
22 septembre 2005
Automne
L'été est bel et bien derrière nous, il est chassé par l'automne qui nous glisse son vent frisquet dans le cou, et nous rafraîchit dès que notre nez sort de la couette. Même le chat, bien qu'en pleine période d'indépendance sauvage (aurait-il deviné l'épreuve de vaccination du week-end prochain?), vient se coller à vous pour soutirer quelques degrés, tente de se glisser sous vos couvertures car la sienne, une polaire, ne l'englobe pas assez.
20 septembre 2005
Business zen
Pour se rendre au Salon Rentrez Zen de son plein gré, il faut forcément avoir reçu une invitation gratuite. Ou être complètement fêlé.
Etant à peu près saine de corps et d’esprit (quoique…), c’est donc munie de mon passeport gratis que j’y suis allée, persuadée d’accéder au temple de la zenitude et de la paix absolues.
A l’extérieur du Salon, je me fais accoster par une ribambelle de chauves à lunettes, tous aussi bizarres les uns que les autres. L’un tente de me vendre son pull bio, l’autre me propose un rendez-vous avec une voyante boutonneuse mais terriblement douée, tandis qu’un troisième larron n’a rien dans les mains mais des yeux écarquillés, ovales comme des soucoupes, il me dit quelque chose, à peine compréhensible, je ne m’arrête pas, à tous les coups, il essaye de me revendre sa place.
A l’entrée, une pancarte géante précise qu’aucun distributeur de billets n’est disponible dans le Salon. Il faut donc venir avec son cash. Pour être zen, il faut être riche. Jusque là, rien de nouveau.
L’accès est aussi étroit qu’un couloir de cave, embouteillé comme un samedi sur le périph’, et c’est une poussette fichée dans les chevilles que je me fraie un chemin. Un barbu échappé du Larzac me souhaite la bienvenue, m’inonde de tracts colorés sur toutes les techniques (à vendre) pour être heureux. Un sacré programme.
Forcément, l’appel du bonheur a attiré les foules, et c’est donc fortement bousculée par un troupeau d’énervés que je pénètre dans l’antre zen, de l’encens plein les narines, mélangé aux odeurs de fast-food indien installé pour l’occasion et servi par un quatuor de vieilles habillées en bretonnes. Un fond de gorge sonore me titille le cerveau. Ce sont des chants d'origine interprétés via une sono par des bouddhistes, sans aucun doute fumeurs de cigares depuis la naissance ou opérés pour la bonne cause, vu la gravité de leurs vocalises.
Un stand de CD trône pour les adeptes de musique d’ambiance. Quarante euros le CD de chants de coquelicots écrit en tadjik sans traduction. C’est moins cher qu’un voyage en Asie, mais à ce prix, je préfère encore le silence. Je continue ma route.
Sur une allée entière, des dizaines de visiteurs assis sur des sièges de massage, le visage écarlate coincé dans un cercle en mousse ou percé d’aiguilles d’acupuncture, les fesses en équilibre sur un banc en bois. Derrière eux, un japonais sorti de nulle part habillé en karateka leur frappe le dos avec la tranche de ses mains, agitant graisse et bourrelets en rythme, ou les prend pour une cible à fléchettes et les défigure sans état d’âme. Pour dix minutes de ce bien-être pur jus, 20 euros. Le business n’est jamais loin, mais payer pour avoir mal, non merci.
Pour ne pas être alpagué, il ne faut jamais s’arrêter, sous peine de devoir avaler de force un élixir aphrodisiaque importé de Nagasaki, d’être tartiné de crème relaxante à l’huile de soufre, d’être baptisé à l’encens de moustique ou d’être entraîné dans l’un de ces ateliers excentriques sur l’homéopathie au service des grands brûlés. Le tout servi par des illuminés habillés en blanc, façon hôpital psychiatrique.
Le seul stand le plus visité reste celui d’un boulanger bio.
Les fumeurs de ciboulette se sont donné du mal pour rien. Je repars avec un croissant au beurre. Heureuse comme tout.
15 septembre 2005
Oreilles en boule
Depuis quelques jours, un hurlement strident à courant alternatif émane de mon immeuble.
Il ne vient pas de ma femme battue, dont je n’entends d’ailleurs plus le mari depuis longtemps. Disparition que je me garderai de signaler, bien qu’elle m’intrigue, car étant donné la recrudescence des souris dans le bâtiment, il ne suffit que d’un pas pour penser qu’un cadavre dort peut-être parmi nous. Mon voisin apprenti guitariste est lui aussi parfaitement silencieux, ni batterie ni volets grinçants fermés entre trois et quatre heures du matin. A peu de choses près, je pourrais avoir le sentiment d’être sourde.
Heureusement, le cri est là pour me rappeler que mes capacités auditives se tiennent. Il me semble venir du dessous. Là où habite un couple sans histoire, que je croise à toute heure de la journée lorsque je suis en congé, et qui soulève chaque fois la question de savoir si nous sommes parfaitement synchrones dans nos choix de RTT, ou bien s’ils ont une activité particulièrement cool qui leur permet de faire les moules au café d’en bas pendant des heures. Etant donné le train de vie que je leur prête depuis mes rideaux de cuisine, je serais curieuse de savoir ce que ces gens font pour gagner de quoi vivre, je signerais bien pour la même chose.
Ces voisins sont tranquilles mais bavards, surtout lui, prêt à une tchatche effrénée dans l’escalier ridiculement étroit et dangereusement pentu, pour parler de tout et de rien, surtout de rien. Ayant une fois écopé de dix minutes sur la technique du bout de carton coincé entre le mur et le conduit du radiateur pour éviter les vibrations très agaçantes de l’eau qui coule dans le chauffage, je prends désormais les devants et descends toujours les escaliers munie d’une poubelle puante qui ne me laisse aucun droit à la moindre pause.
Leur indifférence au cri de tripes qui s’échappe visiblement de leurs murs m’étonne. L’hiver dernier, ils sont venus me voir. A l’heure du dîner, en pyjama et caleçon, en espérant trouver au pas de ma porte une oreille attentive qui les écouterait avec bienveillance, ils voulaient savoir comment je dormais malgré les sirènes des sapeurs-pompiers. Le plus sérieusement du monde, ils étaient venus me demander si je voyais une autre alternative aux boules Quies. Hormis un grand silence stupéfait, je n’avais en effet pas d’autre solution à leur sommeil perturbé.
Visiblement, la greffe des boules Quies a pris. Visiblement, mes voisins n’entendent plus rien.
Ce bruit est insoutenable, infini, il ne s’arrête que pour mieux redémarrer. A toute heure, dans la même gamme, sans variation, terriblement ennuyeux et lassant. Pire que l’eau qui coule dans les radiateurs. Pire que la sirène des pompiers. Et surtout bien pire que la guitare électrique de mon voisin. C’est dire.
Prête à proposer mon aide face à se hurlement inédit, je suis descendue, après avoir passé des heures avec le conduit auditif planté dans ma porte, à guetter le moindre mouvement d’entrée ou de sortie.
Ils finissent par ouvrir leur porte. Le cri vient avec eux. Je prends l’air détaché des rencontres fortuites. Malgré un teint gris, pâle et exténué, mon voisin a la banane. A ses côtés, sa compagne, boudinée, grise et fatiguée.
Avec eux, un bébé.
Ou plutôt une immense bouche grande ouverte. Qui n’en peut plus de s’époumoner. Un cri de bébé comme je n’en ai jamais entendu. Mécanique, rayé, incroyablement aigu et perçant. J’aimerais lui dire de la fermer mais ça ne se fait pas.
J’espère qu’il ne vous dérange pas trop la nuit ?
Non, mais vos boules Quies, vous les avez toujours ?
14 septembre 2005
Véritable test optique
Un intrus s'est glissé dans cette photo. A vous de le retrouver... Et comme dirait l'instit', attention, il y a un piège...
(Il n'y a rien à gagner, sinon mon profond respect, désolée...)
Bonne journée à tous les visiteurs
Mille pardons à ceux qui ont attrapé une crampe optique en naviguant à vue sur ce site au cours de ces dernières heures, je viens de découvrir que je pouvais changer le look de ce blog, alors forcément, je m'amuse...
13 septembre 2005
Manucure
Arrêter de se ronger les ongles, c'est un peu comme arrêter de fumer. Impossible de réussir si les éléments de votre foyer ne se résignent pas à cesser en même temps que vous.
Louloutte déteste le service de manucure que je lui propose à titre grâcieux. En même temps, si j'étais à sa place, je ferais pareil, mon outil de travail ressemblant à une pince de dentiste speciale "arrachage de dents récalcitrantes", un truc qui fait penser immédiatement à une mare de sang et à la douleur brûlante des ongles coupés trop courts.
Et puis, couper les ongles de son chat équivaut à un défi Koh-Lanta. Il faut coincer l'animal dans une pièce petite et sans planque, d'une main le prendre délicatement sous le ventre en évitant les griffes sur-aiguisées, saisir de l'autre main une des pattes en évitant les lames des trois autres, pousser sur le coussinet pour faire sortir les ongles, de la troisième main que vous n'avez pas, attraper le coupe-ongle qui ne se présente jamais dans le sens qu'il faut (ou qui a glissé sous le lavabo pendant votre empoignade musclée avec le fauve), éviter la gueule du chat qui dans la bataille se trouve près de votre oreille droite. Tout en restant concentré car un coup de ciseau mal placé peut rendre Louloutte folle de rage. A la fin du combat, vider votre brosse autocollante sur vous-même et sur l'animal traumatisé, car sous l'effet de l'angoisse, le chat a perdu la moitié de ses poils, un quart réparti en couche épaisse et volatile sur le dos, l'autre quart inévitablement transféré sur l'ensemble de vos vêtements du jour.
A la place, Minoutte préfère se les ronger elle-même, c'est beaucoup plus marrant et surtout bien mieux exécuté. Finalement, elle et moi, on se ressemble, lorsque j'étais petite et que ma mère me faisait le coup de la coupe hebdomadaire des ongles, je pleurais de douleur (et de mauvaise foi) avant même que l'instrument ne soit dans la même pièce que moi. Je les rongeais donc avant pour qu'il n'y ait plus rien à sectionner.
Avec ou sans pince, de toute manière, c'est à moi d'aller récupérer les coquilles vides sous le canapé.
Esclave je suis, esclave je reste.
Sauf pour mes ongles, il n'y a que moi que ça regarde.
12 septembre 2005
Fin d'été
Il y a des jours, comme ça, lorsqu'il fait moche et qu'il pleut, on aimerait se réjouir du sale temps en se disant qu'il irrigue les champs, rend l'herbe verte, fait tomber la poussière et dégage les nuages. On aimerait aussi se dire que marcher dans la gadoue n'est drôle que si l'air est frais et qu'il nous met du rose aux joues. Il faut du rustique quand il pleut, de la paille mouillée, l'odeur de la campagne, et les chants des crapauds. On peut alors saisir entre les gouttes des images de vaches impassibles, trempées jusqu'aux os, chassant de leurs queues les mouches affamées, des images de veau qui tète, sans que l'eau qui dégouline ne se dilue dans le lait.
Sauf qu'aujourd'hui, il pleut sur le béton des immeubles, l'air est moite, on ne sait pas très bien s'il fait chaud ou pas, et le ciel est bien bas. Il pleut sans pleuvoir, une sorte de bruine fine qui entortille les cheveux fins, et dépose sur les joues un fard grisâtre et collant.
La semaine commence tristement. Vivement décembre, qu'il fasse vraiment froid et que l'on sache au moins en quelle saison nous sommes.
09 septembre 2005
On est mal
En direct de l'AFP, voilà une vraie bonne mesure.
L'été sans cravate fait économiser 70 millions de kW/heure au Japon
TOKYO (AFP) - La campagne officielle "Cool Biz", qui a incité les cadres japonais à tomber la cravate pendant l'été, a permis d'économiser 70 millions de kilowatts/heure d'électricité et de réduire de 27.000 tonnes les rejets polluants, a annoncé vendredi l'opérateur Tepco (Tokyo Electric Power).
Pendant l'été, tous les membres du gouvernement nippon, le Premier ministre Junichiro Koizumi en tête, sont apparus en public sans cravate et en chemises légères afin de montrer l'exemple. Cette décontraction vestimentaire était censée permettre de réduire la climatisation à l'intérieur des immeubles, et de limiter ainsi les rejets de dioxyde de carbone dans l'atmosphère
Tout le monde en shorts et tongs au bureau pour limiter la climatisation. Prochainement, pour l'hiver, peaux de mammouth et après-ski pour économiser sur le chauffage.
Entre les Français qui s'apprêtent à devoir porter leur voiture sur leur dos pour éviter la surproduction de monoxyde de carbone, et les Japonais enroulés comme des sushis dans leurs couvertures face à leur ordinateur, j'ai l'impression de prendre conscience que notre bonne vieille Terre a intérêt à trouver une solution toute seule.


