29 juin 2006
Dernier jour

Aujourd’hui, j’ai choisi ce petit garçon et son sourire franc pour clôturer ce blog.
Le sourire chaleureux et généreux de celui qui n’a rien, lorsque tant d’autres ont tout et ne sont pas capables de la moindre tendresse.
Sage comme une image s’arrête, renaîtra probablement sous une autre forme, ailleurs, avec une autre adresse, dans un autre état d’esprit.
Avec ce voyage, une page s’est tournée, mais cette expérience n’est pas l’unique raison de cette décision qui était prise depuis un moment.
J’aime ce blog et son contenu, j’aime ses commentaires, émouvants, chaleureux, drôles et spontanés. J’aime ses lecteurs, le lien timide et éphémère qui nous rapproche.
Merci à tous ceux qui ont visité ces pages avec sincérité et curiosité, nous nous retrouverons sans aucun doute.
Emmanuelle
28 juin 2006
Nuit africaine
Les grillons ont arrêté leur chant, les chauves-souris bavardes et bruyantes, perchées sur l’arbre sous lequel je dors, se sont tues. Pendant quelques secondes, la vie de la savane a retenu son souffle, silence inquiétant qui loin de vous apaiser vous fait ouvrir un œil. La nuit tranquille n’existe pas ici, elle annonce forcément autre chose. Cet autre chose arrive sur vous comme un fouet, un coup de vent qui balaie poussière, feuilles, insectes et cailloux. C’est un frisson qui vous traverse, un air frais de vingt degrés qui donne froid.
Toujours ce silence, puis le déluge. Des trombes d’eau s’abattent bruyamment sur le sol sec puis dégoulinent en rigoles sur la piste inégale, pleine de crevasses laissées par les pas d’éléphants. Pas un centimètre n’échappe à la pluie qui tombe en traits réguliers et rapprochés. Une douche, vraiment.
Le ciel s’éclaire à un rythme saccadé, l’orage approche, on entend déjà les grondements sourds venir de la forêt. En quelques secondes, le tonnerre est au-dessus de nous, au-dessus de cet arbre qui n’en peut plus de s’agiter. Les chauves-souris ne sont plus là, sont mortes ou en sursis, on ne sait pas. Les éclairs se mêlent au tonnerre, je compte les secondes qui les séparent jusqu’à ce que leurs arrivées soient instantanées.
L’orage prend fin dans un claquement énorme suivi d’une odeur de brûlé. La foudre, peut-être.
Le coup de vent revient nous signifier que le spectacle est terminé. La vie sauvage reprend son cours, tout aussi bruyante et joyeuse.
A quelques mètres de nous, une forme s’approche, s’arrête puis grogne.
Le lion lape avec satisfaction une flaque inattendue.
27 juin 2006
Photo de retour
J'aurais pu commencer par une photo de lion, d'éléphant ou de buffle. Mais c'est ce visage et ces yeux là qui me hantent.
Un regard comme on en croise peu et qui remet beaucoup de choses à leur place.
Qui vous fait revenir à la fois plus léger et plus fort. Avec le sentiment que tous les tracas d'avant ne sont rien par rapport à ce que l'on a pu voir depuis.
12 juin 2006
Carnet Bleu
Bienvenue au petit Clément qui est né hier. Depuis le temps qu'il entend parler de délices terrestres, il pourra enfin connaître le goût du biberon à la banane sauce chocolat.
Tous mes voeux de bonheur à Manoue, Sébastien et Clément!
10 juin 2006
Duo de Nouilles - Le Ping Pong Pâtes
Leçon n°8: Marinade de poulet et crevettes aux pâtes
Pour la recette de mai-juin, Manoue propose une version originale de pâtes, sur le principe de la marinade.
Avant de partir pour deux semaines de riz blanc, je prépare donc cette recette avec encore plus d'appétit que d'habitude, même si les 30°C parisiens me donnent davantage envie d'une salade frâiche que d'un plat au poulet, crevettes et pâtes relevé au curry et coriandre.
Faute de miel de lavande, je remplace l'ingrédient par du miel d'acacia. Même problème que Manoue, les gambas ont déserté le pays, je fais la fête à des crevettes jumbo. La marinade finit sur un lit de tagliatelles fraîches XXL.
Le résultat en images.
Un régal.
Merci Manoue, et bon courage pour la dernière ligne droite. Avec autant de bonnes recettes dans ta marmite, Bébé ne tardera plus à venir se lécher les babines!
09 juin 2006
Bagages
Plus que trois petits jours. Puis ce sera le départ. Pour une pause, une vraie, celle qui ramène à l’essentiel, éloigne pour un moment les problèmes et querelles de bouchers.
Une pause que l’on saisit comme une rupture, une renaissance, pour que les décisions que l’on souhaite prendre depuis longtemps aient une chance d’apparaître comme des évidences. Pour cesser de prendre un os gros comme l’ongle pour un fémur d’éléphant, et mieux repartir. Rien de mieux cette fois qu’une savane inhabitée pour faire son ménage.
***
A chacun sa méthode. Pour faire le point, certains ont besoin d’être dans la crise, au creux d’une vague, au milieu d’une grande fête. Il y a des évènements qui reviennent pour ponctuer les chapitres d’une histoire, à peine devine-t-on qu’ils sont là pour ça. Hier j’ai compris que le voyage s’immisçait dans ma vie à chaque fois qu’une étape devait être franchie. Plus ou moins difficilement, avec ou sans bon souvenir à la clé. Mais toujours pour le meilleur, pour un nouveau chapitre, une belle avancée.
Mon premier voyage en Angleterre a marqué la fin d’une belle enfance naïve, une prise de conscience incroyablement douloureuse que mes rêves n’allaient pas tous prendre forme. Et déjà, à dix ans, la conviction soudaine que le temps ne se rattrape pas. Depuis, je le devance. Ou bien j’essaie.
Suivirent d’autres voyages, d’autres détours tout aussi efficaces, dont je suis revenue l’esprit un peu plus clair et grandi, avec le sentiment d’avoir tourné bien des pages.
***
Dans trois petits jours, un chapitre s’achève. Celui qui le suit commence par la réalisation d’un rêve d’enfant. La fin d’une parenthèse à mon premier voyage anglais qui vient me dire que les rêves sont possibles tant que l’on comprend qu’on en est soi-même l’artisan.
J’aime déjà cette nouvelle histoire, et je lui fais confiance.
08 juin 2006
Ce que fait Louloutte quand je ne suis pas là
Beaucoup de maîtres de chats vous le diront. Interdire à Minou l'accès au lit est mission impossible.
J'ai pourtant essayé, mais elle est beaucoup plus téméraire que moi. Elle profite de mon sommeil pour s'y glisser incognito, elle ouvre la porte quand celle-ci est fermée (ou gratte pendant des heures jusqu'à ce que je craque), elle vient me faire un câlin en ronronnant le plus fort possible. Elle me prend par les sentiments, c'est intenable.
En même temps, si j'étais chat, je ferais pareil. Sans aucun doute.
05 juin 2006
Aujourd'hui, je boude
Bon courage à tous ceux qui travailleront quatorze heures gratis aujourd'hui, et qui ne pourront pas aller à la Poste ni au Trésor Public, qui ne pourront pour certains pas emmener leurs enfants à l'école et devront trouver une baby-sitter payante en catastrophe. Au nom d'un jour férié qui n'existe plus mais qui perdure quand même.
Aujourd'hui, je ne serai sympa avec personne. Aujourd'hui, ma solidarité sera payante, et sans le sourire.
Ce doit être l'effet secondaire de mon traitement anti-palludisme. Of course.
04 juin 2006
Photo du jour
