Sage comme une image

Chroniques d'une amoureuse de photographie

15 mars 2006

Appel aux blagues de rousses

 

Changer de coiffeur est aussi risqué que de traverser une autoroute. Changer de coiffeur, c’est faire un pari. Celui de se dire que si tout rate, ce n’est pas la fin du monde. Ou presque.

La première fois, c’était il y a presque quinze ans (merci à cette phrase d‘être venue plomber ma journée, car il y a quinze ans, je n‘avais même plus de couches, je savais lire, compter, et même répondre aux profs, bref, le temps se rappelle à nous avec une insolence efficace et totalement déroutante). La vraie mauvaise idée. Celle qui vous traverse et s’arrête dans la région « décision impulsive irréfléchie et sans retour possible » du cerveau. L’énorme boulette.

A l’époque je voulais juste des cheveux courts, pour mettre fin à l’éternelle natte de mon enfance. Comme un rite de passage. Des cheveux à la garçonne pour avoir l’air d’une fille rebelle. En jeans, baskets, et tout. Mais de bonnes notes à l’école.

En grande ado que j’étais, je sympathise avec la coiffeuse, une petite brune dont je me souviens encore, avec un piercing dans la lèvre, un chewing gum élastique au possible capable de s‘enrouler autour des dents, de la langue et du clou sans le moindre effort. Avec sur son crâne intelligent, la coupe de cheveux de mes rêves. Raides, carré court, en pagaille. Je bois ses paroles, je voudrais être comme elle.

Visiblement, nous ne nous sommes pas bien comprises. Je suis sortie bouclée, très court, et totalement ridicule. Deux chouquettes au dessus des oreilles. Le reste plat, le tout collant, brillant et incroyablement rigide. Du crin de cheval en barre servi avec une raie au milieu irreversible. Ce jour-là, Coluche a ressuscité. Dans mes cheveux. Et sans humour.

Changer de coiffeur m’a valu une crise de rire incontrôlable de la part du monsieur pas très cool assis en face de moi dans le métro, un hurlement de surprise suivi d’une autre crise de rire de ma mère en ouvrant la porte. Suivi d’une quinzaine de shampooings inefficaces et d’une peur panique de retourner au bahut.

Suite à cette expérience, j’ai passé quelques années chez la même. Une qui avait compris ma détresse et qui m’arnaquait trente euros en ne me coupant rien.

Changer de coiffeur aujourd’hui fut un défi difficile. Avec le recul, je dirais même une occasion ratée de rester fidèle.

Après m‘être faite traitée de « petite tête à maxillaire large nécessitant d’urgence autre chose qu‘une coupe casque à couleur uniforme et fadasse », je ne suis pas sortie bouclée. Mais blonde. C’est pire.

 

Posté par emmanuelle2202 à 18:40 - Quand les choses tournent mal - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mars 2006

L'arbre en fleurs

fleur___la_main1_14mars06_1_1

Les rêves sont des feuilles d’arbre qui naissent de votre sève et de quelques larmes. Ils poussent lentement, à la fois fragiles et robustes, bien ancrés dans le bras qui les porte. Ils sont à la merci de tous, du vent, des oiseaux, de l’orage ou de la grêle, et pourtant ils résistent. Ils continuent de grandir sans que l’on puisse vraiment suivre leur croissance au millimètre près, on se rend simplement compte un matin qu’ils ne sont plus une pousse mais une belle feuille.

Les rêves sont des feuilles d’arbre qui grandissent ensemble, se nourrissent l’un et l’autre pour embellir une vie. Jusqu’au jour où l’on se retourne vers ce géant garni de fleurs, comme autant de projets aboutis. On se dit alors que l’on a eu raison, que cet arbre est bien à soi parce qu’il nous ressemble.

Mais les rêves ne font pas d’ombre. Comme le soleil qui m’accompagnera au parc de la Pendjari en mission humanitaire.

Ce rêve a une date. Ce sera juin.

Posté par emmanuelle2202 à 08:20 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mars 2006

Coeur à prendre

p1010592_1_

Les mots sont forts, violents, ils vous entraînent dans toutes les humeurs, de la plus sombre à la plus éblouissante, ils vous écrasent, vous portent, vous tuent ou vous raniment. Parfois ils passent cent fois sous vos yeux, puis il suffit d’une fois de plus pour qu’ils deviennent inacceptables, pour qu’ils vous heurtent de plein fouet et vous ramène à la conscience. Les mots peuvent changer une vie comme ils peuvent la casser, quoi qu’il en soit, ils ramènent à l’essentiel, toujours.

Hier, sur l’autoroute, j’aperçois dans mon rétroviseur des gyrophares bleus lointains qui se rapprochent à toute allure. Ils sont peut-être deux, ou trois, portés par une vitesse indécente. Je m’arrête de chanter, fascinée par la rapidité avec laquelle ces lumières me rejoignent, en oubliant presque de regarder ce qui est devant moi, infiniment plus dangereux et brusque.

Deux motards de la gendarmerie arrivent à ma hauteur, ils me font signe, je ne sais si c’est pour me remercier d‘avoir fait de la place (version humaniste optimiste) ou si j’ai commis une infraction (à l’insu de mon plein gré, version pessimiste). Le temps de trouver une excuse passe-partout et de me résigner à l’acceptation des faits sans condition, je réalise que les motards sont des escortes, et qu’une voiture les suit. Blanche. Elle me double. Sur chacune de ses faces, deux mots en lettres rouges.

Urgence, greffon.

Sur cette autoroute de tous les dangers se presse la vie, fragile, immense, douloureuse et mortelle, en une fraction de seconde se dresse l’histoire. Dans cette voiture se trouve un organe qui s’apprête à changer de corps de toute urgence. Sur cette autoroute, à cet instant, lui permettre d’arriver est la seule chose qui compte. Tandis qu’une famille pleure un deuil sur lequel seul le temps aura de l’emprise, l’organe doit aller vite s’il veut revivre. Le corps se disloque, pendant qu’un malade en sursis reçoit un appel qui lui ordonne d’être prêt à une renaissance.

Certains sont incapables de la moindre générosité de leur vivant tant ils sont obsédés par l‘admiration qu‘ils ont d‘eux-mêmes et par celle que les autres leur portent. D’autres continuent d‘aimer dans la mort et font don de leur corps pour que d‘autres existent. On se sent tout à coup petit. Incroyablement vulnérable. Avec la possibilité pour chacun d’entre nous d’être un jour en début ou fin de cette même chaîne.

Tandis que la voiture blanche aux gyrophares s’éloigne et me laisse avec un silence difficile, je réalise qu’il y a dix ans j‘avais fait une demande de carte de donneur. Elle est cornée, sale et déchirée, mais elle est toujours là, au fond de mon sac. Je n’y ai jamais vraiment pensé, probablement parce que je n’ai jamais compris ce que cet engagement signifiait.

J’ai vu cette carte passer cent fois sous mes yeux. Il m’aura fallu dix ans et deux mots pour enfin prendre la mesure de ce que tout cela voulait dire. J’ai désormais la certitude de vouloir être de ceux-là.

Si un jour mon cœur sert à un autre, je ne serai plus là, mais je serai fière.

http://www.france-adot.org/

Posté par emmanuelle2202 à 21:19 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mars 2006

Chaos

Le sol commence par s’affaisser, le robinet est à hauteur du parquet. Dans mon salon.

Les murs se fissurent à grande allure tandis que mes meubles se plient, les tableaux s’écroulent à angle droit puis disparaissent. L’étagère du fond tient toujours, les livres tombent un à un dans un silence de plomb.

Dans ma chambre, tout est intact, le chat dort, paisible, tandis que face à lui et dans ses rêves, les oiseaux passent comme des anges, au milieu de cet immense chaos.

Je ne sais pas par où commencer, ce qu’il faut que je sauve sinon moi-même et l’animal tranquille. Je commence par tirer une valise poussiéreuse planquée sous le lit, cette valise pèse un âne mort. J’emballe quelques affaires pendant que de ma fenêtre, je sens le sol qui se rapproche. Les minutes sont comptées avant l’effondrement. Mes factures, mes impôts, mon matériel photo, tout ne peut rentrer, il faut faire des choix. Tout balancer par la fenêtre et récupérer ma vie en bas, si personne ne l’a volée d’ici là. Ou peut-être appeler les pompiers.

J’entends la voisine qui râle, la retrouve dans mon salon, armée d’un marteau, elle bricole, je ne sais pas vraiment quoi, je lui dis d’arrêter puisqu’elle est arrivée chez moi. Elle se retourne, avec un œil au beurre noir et une série de dents cassées.

Puis mon ventre gonfle, en quelques secondes je suis enceinte. Un ventre énorme, rond comme une grosse goutte qui s’étire vers le bas. Ma mère me demande comment je vais faire. Je la rassure, je n’en attends que dix, et qu’avant de sortir ils seront bien rangés. Par taille et par couleur.

Dans un dernier geste, je pose la main sur ce bidon étonnamment fécond.

Une boule de poils se positionne pour un câlin matinal. Je me réveille d’un mauvais rêve.

 

Posté par emmanuelle2202 à 20:15 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mars 2006

Where is the cat?

p1010493_1_

Désolée pour cette affreuse balafre au milieu de cette photo, mais certains de mes clichés ont été volés par des internautes peu scrupuleux qui les ont mis sur leurs propres sites sans m'en informer.

Je n'empêcherai pas ces mauvaises manières, j'en suis simplement bien triste.

Surtout quand je découvre ma Louloutte en sucre sur un site satanique... (ne la mangez pas, elle n'a aucun goût de souris!)

Posté par emmanuelle2202 à 20:27 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mars 2006

Duo de Nouilles - Le Ping Pong Pâtes

Leçon n°5: Pâtes Chicissimes Simplissimes

Pour le défi du mois, Manoue me propose une recette simple, efficace, délicieuse: Le Ping Pong Pâtes des Amoureux.

Tout commence par le traditionnel remous d'eau de pâtes avec cette fois, une conchighlie toute légère (la seule du repas) qui fait la planche, pendant que les autres font un concours de plongée. Faute d'avoir passé la période Saint Valentin et son lot de pâtes en coeur, je me rabats sur ce que je trouve au Monoprix. Oui, même sans coeur, la recette marche aussi!

   

p1010644_1_

   

Une fois les pâtes cuites, on rajoute la crème frâiche, puis la rondelle de foie gras. La grippe aviaire? Connais pas. Rassurons-nous, notre corps a déjà stocké les germes de vache folle et de grippe du poulet, alors une bactérie de plus ou de moins...

Et puis face à un plat aussi diététique, succulent et beau à regarder, nous aurions tort de nous en priver.

   

p1010651_1_

   

p1010652_1_

Le foie gras chic qui se mèle aux pâtes du quotidien. Je n'y aurais pas pensé. De quoi transformer les pâtes en plaisir de grande occasion.

Merci Manoue!

 

Posté par emmanuelle2202 à 14:09 - Ping-Pong-Pâtes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mars 2006

Le petit bonhomme en mousse

... Qui s'élance et rate le plongeoir
C'est comme la chanson douce
Que chantait ta maman le soir
La petite, petite marionnette
Qui s'étale et qui s'entête
C'est l'enfance qui revient
Le soir où tu as du chagrin

Quand ta vie se traîne
Quand t'as de la peine
Quand personne t'aime
Que t'as des problèmes
Quand la vie est dure
Plus d'une aventure
Rien que des blessures
Vilaine figure
Ne pleure pas
Ne t'en fais pas
Regarde-moi
Et n'oublie pas

(Au refrain)
la la la la la .........
 

 

Certaines personnes chantent sous la douche.

En ce qui me concerne je parle au chat, qui m’observe curieusement en roulant des yeux, quand il ne baille pas aux corneilles avec un air profondément ennuyé tout en inclinant régulièrement la tête avec son air songeur, se demandant ce que fait l’énorme paquet de mousse qui se promène sur mon crâne intelligent.

Sauf l’autre jour. Une minute de folie s’est emparée de moi, il était six heures du matin, et j’ai chanté. « Je ne veux pas travailler ». En modifiant le texte au gré de mon humeur. Avec mon énergie du matin. Le jury de la Nouvelle Star m’aurait virée en moins de trois secondes. « Ce n’est pas une voix que vous avez, c’est un réveil ». De quoi renoncer à une carrière.

Ma chanson n’intéresse personne. Mes compétences vocales encore moins. Toujours est-il que mon expérience musicale m’a branchée sur le secteur, j’ai chanté de plus en plus fort, en terminant par « I will survive ».

Après avoir consacrée ma demi-heure à me rendre présentable, sortable, acceptable, je suis sortie, dans un silence de plomb. Car à cette heure, les voisins dorment. Sauf celui qui habite au dessus des poubelles et qui se coltine les claquements de couvercles et affaissement de sacs puants chaque fois que quelqu’un s’y rend.

La journée passe, la suivante aussi. On arrive à hier. Je rentre chez moi, épuisée par mon heure de sport qui a fini de me mettre sur les rotules (et qui me rappelle au passage que je ne serai pas prête pour la séance plage de l’été 2015). En pleine ascension d’escalier pentu, j’entends que l’on siffle, je lève la tête et tombe nez à nez avec le voisin, celui qui a un nourrisson de six mois aux cordes vocales surdéveloppées. On se salue, il me demande si je vais bien, passe en revue l’ensemble des banalités que des voisins peuvent se dire.

On s’apprête à se quitter (le temps pour moi de reprendre mon souffle). Tandis qu’il reprend sa descente, il se retourne. Il a visiblement un scoop.

« Au fait, bon courage avec la voisine qui chante. C’est atroce. »

Même à la Nouvelle Star, ils n’auraient pas osé.

Posté par emmanuelle2202 à 17:20 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 février 2006

Petite musique de nuit

Mes fenêtres sont sur le chemin de la musique classique. Lorsqu’elles sont ouvertes, cette musique s’engouffre, fait son tour et repart, sans que l’on sache pourquoi ni pour combien de temps. Je la laisse entrer en sachant ce qui m’attend, tout comme je la laisse s'évader avec les fragments des cicatrices qu'elle soulève.

Elle s’enroule autour du cou comme un nœud coulant, vous étreint les tripes, vous enserre au plus profond et vous ramène à l’essentiel. Elle lit en vous comme dans un livre ouvert, allant droit au chapitre qui vous concerne, celui qui vous pique et vous retourne. Elle vous ramène les larmes les plus enfouies, les douleurs les plus anciennes. Malgré tout, on la laisse courir, on la laisse glisser le long du corps, s’attarder sur les coins sensibles et meurtris. Il faut attendre, ne pas arrêter cette musique liquide qui agit comme un baume sur les blessures qu’elle révèle. En insistant un peu, on découvre que chaque air porte une douleur bien à lui, on lui attribue une souffrance, que l’on rejoue à volonté.

Puis un jour, après quelques années d’absence, la musique classique revient. Elle est différente, plus légère tandis que l’air n’a pas changé. Elle est encore plus fluide, elle coule sur le corps avec une certaine indifférence. C’est alors que l’on réalise que les plaies ne sont plus que des traces insensibles. On a guéri pendant tout ce temps. Parce que rejouer l’air une fois de plus aurait été insupportable si rien ne s’était passé. On aime alors cette musique bien davantage.

Surtout s’il s’agit du Requiem de Fauré.

Posté par emmanuelle2202 à 21:48 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 février 2006

Photo du jour

p1010438_1_

Le chat s'étend, s'allonge, pose ses poils, se frotte sur la housse, joue avec le fil électrique, se gratte la joue contre le bord pointu du fer, agrippe les rebords de la table et se fait glisser à la force des griffes, passe une tête dans le vide et s'étonne de voir sa queue dépasser de l'autre côté, il tente de l'attraper et manque de tomber, la planche et le fer avec.

Mais le chat ne repasse pas.

Dommage.

Posté par emmanuelle2202 à 14:10 - Photo du jour - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 février 2006

Créneau, tête de veau

Suite à l’exposition de mon grave problème de créneau, plusieurs visiteurs m’ont répondu, et je leur adresse mes plus grands remerciements. Reste la pratique, que je tenterai la prochaine fois… le 1 avril à 4h du matin, pour être sûre d’être tranquille (le lieu devant rester secret, bien sûr, pour éviter l’attroupement hilare).

Le lien proposé par Raindrop a retenu toute mon attention. En dehors du fait que l’aide au créneau me paraît être une idée fabuleuse forcément inventée par une femme gauchère (qui n’est pas moi mais qui aurait pu l’être si j’avais été un peu plus douée en électronique/physique/chimie… paix à toutes les éprouvettes ayant cédé sous mes doigts de fée), cette innovation vient de Citroën, et là, je me dis que soit je rentre dans le profil consommateur de ce type de voiture, soit les statistiques montrent que cette marque est particulièrement attaquée aux flancs par ce problème.

Bref, deux phrases m’ont particulièrement interpellée.

« Lorsqu'une place de parking de taille suffisante est détectée, un signal sonore retentit. »

Magique. Quel parisien (pressé, énervé, et suivi par douze congénères impatients et surexcités) n’a jamais eu envie de faire rentrer sa voiture dans le mètre carré juste avant le passage clouté (lui même entravé par un 4x4, sinon c’est simple, pas de créneau, juste un zigzag brutal) ? Entre le feu rouge et la grosse poubelle verte (en restant bon joueur, c’est-à-dire sans envoyer valser la poubelle de l’autre côté de la rue) ? Qui n’a jamais fini au bout de quinze manœuvres par se rendre compte que non, le carrosse ne passera pas même pare-choc contre pare-choc ? (et qui donc a du refaire trente autres manœuvres pour sortir l’éléphant du pot de yaourt en gardant la tête haute face aux passants qui se marrent et celui derrière vous qui est en Smart et à qui il reste encore de la place pour ouvrir son coffre…)

Le seul défaut du système, c’est qu’un signal sonore n’est sans doute pas assez. Car un bip sonore veut-il dire « les doigts dans le nez », « ça passe » ou bien « mathématiquement, c’est bon » ? Le système s’adapte-t-il au conducteur ? (« Etant donné tes compétences, et les quinze mètres qui séparent les deux voitures garées, oui, tu rentres »)

« Totalement déchargé de l'action sur le volant, le conducteur ne fait qu'avancer ou reculer le véhicule conformément aux instructions visuelles ou sonores qu'il reçoit. »

Là aussi, quelques incertitudes demeurent. J'applaudis de mes deux mains gauches la possibilité de laisser le volant à ma voiture (?) mais que se passe-t-il si le système se trompe ? Qui est responsable ? Dois-je alors laisser un petit mot sur le pare-brise « désolée, ce n’est pas moi, j’étais déchargée de l’action sur le volant, merci de contacter le constructeur » ?

Instructions sonores. « Tu vas braquer, triple idiot ?! », ou bien « veuillez faire une rotation de 47,5° vers la gauche en maintenant le petit doigt décolé du volant » ? Que se passe-t-il si les ¾ du trottoir sont largement dépassés dans le pare-brise arrière ? A qui dois-je parler ? La petite voix va-t-elle me répondre (à part « ferme-la, laisse moi faire ») ?

Bref, de quoi faire croire aux hommes qu’il n’y a pas une mais deux femmes dans la voiture. Donc très dangereux pour tout couple que le sujet conduite rend conflictuel.

A ce stade, autant prendre un chauffeur. Ou son vélo.

   

Posté par emmanuelle2202 à 19:09 - Quand les choses tournent mal - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Page précédente  1  2  3  4  5  6  7  8   Page suivante »