04 mai 2006
Vive la gruge!
Il y a quelques jours, j’aimais ma boîte aux lettres. Car l’autre jour, elle m’apportait un dessin de ma filleule Elise, ma chouchoute de 4 ans et demi qui sait déjà écrire mon prénom compliqué (même pas sous la menace ni en tenant le crayon pour elle, non, non, sans tricher, pour de vrai comme une grande, et oui, je suis fière et pas très objective).
Sauf que les temps changent. Tout comme les –15° que Miss Météo nous promet pour ce week-end, alors que la semaine a été radieuse et chaude (et que bien évidemment, j’ai craqué il y a une heure pour une paire de sandales en toile qui ne supportera pas le moindre faux pas dans une demie flaque au risque de finir en papier mâché).
Ce midi, je rentre chez moi… Oui, un congé un jeudi après-midi, avec retour à l’usine le vendredi, ça se fait, ça ne sert à rien, mais vu que c’est pour mon millième vaccin anti-grippe du buffle, je n’ai de toute façon rien à gagner à ce congé pourri, donc autant les cumuler, avec par exemple, un passage à la Poste pour récupérer une lettre du propriétaire, le tout servi en prime d’une baston entre une mamie et un jeune beur, l’une accusant l’autre de vouloir lui piquer son caddie tandis que l’autre accuse l’une de le regarder de travers. Circuit de l’après-midi s’achevant par un arrêt au photomaton pour mes visas, histoire d’être sûre d’avoir l’air jaune et malade, sans trop savoir si c’est la faute de la machine ou celle du microbe de buffle inoculé dans l’épaule gauche qui m’attaque aussi sec.
Donc voilà, ma boîte aux lettres achève la pause de mes neurones. Il faudra d’ailleurs que j’éclaircisse le mystère qui rôde autour de ma boîte qui reçoit du courrier par paquets une fois par semaine, le jeudi donc. Soit la Poste n’a accès au quartier que ce jour là, soit quelqu’un se tape de la lecture du vendredi au mercredi. A suivre.
Bref, pour aujourd’hui, la déclaration d’impôts. Cette année, elle est simplifiée. Et pourtant comme toutes les années, elle tient en quatre pages.
« Encore une belle prise de tête en perspective » m’a dit un collègue hier.
Le doute s’installe. Parce que pour moi, c’est très simple. Tout tient en une ligne. Même pas possible de tricher. Le chiffre est déjà rentré.
N’ayant pas de mouflets, ni de chaudière à condensation, ni de plan épargne retraite, n’ayant pas financé d’organismes syndicaux et n’ayant pas acquis d’ascenseur électrique à traction, je ne peux rien déduire.
Mon collègue est forcément dans la Mafia. Qui dit compliqué dit embrouille. Et qui dit embrouille dit gruge.
A côté de ça, une autre lettre. Ma banque. Qui m’annonce que je dois déclarer certains revenus. Ceux gagnés par la rémunération de mon compte.
Un euro.
Je les emmerde.
21 avril 2006
Pourquoi l'hiver paraît trop long (et l'été mal barré)
Episode 3/3: L'épreuve du "tartinage"
Fin de l’épisode shopping, je finis par me décider. Je coince la boite jaune pétant entre ma salade et mes quatre plaquettes de Poulain Amour de Lait (il se fait si rare que même une opération « anti-lipides » ne fait pas le poids), j’essaye de vider mon panier discrètement sur le tapis roulant, histoire de ne pas casser immédiatement l’image glamour que se fait sans doute de moi le beau gosse qui me suit dans la file (dont le caddie est chargé de chips, et qui flotte dans son jean, c’est injuste, vraiment).
Comme toujours dans ces cas là, la caissière vous hurle en brandissant l’article que si vous en achetez deux, une remise de 20 centimes vous sera faite. La question piège. A laquelle il faut accepter de passer à côté de l’offre du siècle pour sauver l’honneur. Deux pots, dans la tête du sex-symbol derrière moi que je ne reverrai jamais, ça veut dire « cas très grave ». On oublie. « Nan, nan, c’est bon. Je n’en n’ai pas besoin ». Affreuse menteuse. Couleur coquelicot. En bien plus rouge. A quoi vient s’ajouter le sac Monop’ transparent qui ira dire à tous les habitants du quartier qu’en effet, la situation est critique.
Je rentre chez moi, dévisse le pot miracle, réalise en plus que j’ai gagné un roll-on, me voilà bien. Il est ridiculement petit. A croire qu’il est de poche pour les accidents en pleine journée (comprendre en cas de dérapage pour un mini-Lion, enfin, pour trois ou quatre, puisqu’ils viennent de changer la formule, en rajoutant trois petites couches de crème entre les gaufrettes, c’est à se damner, ce qui explique une nécessaire reprise de contrôle de la situation par un petit tour au toilettes pour un « tartinage » compulsif sur les hanches, les cuisses et tout endroit suspect où le mini-Lion pourrait se planquer).
J’appuie sur le tube, la moitié du liquide me coule entre les mains, atterrissant sur Louloutte qui se tire en miaulant (elle qui se fiche éperdument de son bidon de graisse qui se balance au rythme de ses pas, puisqu’à peine sur le balcon, le matou d’en face lui fait tout son cirque).
J’applique en massages circulaires, comme sur la notice. Je masse, je pétris, je remasse, trouve le temps long, me penche sur la cuisse gauche archi-massée, réalise qu’il y a de la mousse, un truc pas prévu qui va mettre des heures à s’absorber. Comme dirait une copine, si ça mousse, c’est que ça marche. Son explication est nulle, mais c’est une bonne copine alors j’achète.
Je laisse tomber le côté gauche, m’attaque au droit, ça fait un quart d’heure que j’y suis. A renouveler deux fois par jour. Soit trente minutes. Soit le temps d’un cours d’abdos fessiers au club de gym.
Puis tout se met à chauffer. Le deuxième effet Kiss Kool. Au début, je sens que ça pique, puis brûle. Me voilà bonne pour une allergie. Je saute sous la douche.
C’est foutu.
Voilà bien une lâcheté dont une tartine de Nutella serait incapable.
19 avril 2006
Pourquoi l'hiver paraît trop long (et l'été mal barré)
Episode 2/3: Un kilo d'espoir ou un kilo de Nutella, c'est quoi le mieux?
Je suis face au rayon, perplexe. Parce qu’ils ont fait ça bien. A chaque cas, son remède. Il y a tellement de cas que je suis forcément un de ceux-là. Tout est prévu : les remèdes aux excès occasionnels, contre la cellulite débutante à aggravée (installée, quasi-définitive, excessive, récalcitrante, tous les mots alarmants ont été inventés pour elle), contre la rétention d’eau minime ou extrême, contre les jambes lourdes, contre les zones rebelles et ciblées, contre le corps qui part en vrille de tous les côtés. Puis au cas où votre problème ne rentre pas dans ces cases, le soin ultime : l’amincissant fin d’hiver.
C’est imparable. A moins d’avoir passé l’hiver à Tahiti (auquel cas ce rayon est inutile puisque c’est celui anti- peau qui pèle dont on a besoin), nous avons tous traversé l’hiver. Soupes à la patate, pâtes réconfortantes pour oublier qu’il ne fait jour qu’entre midi et deux heures, chocolat pour les longues soirées au coin de la télé. Pas besoin d’essayer son jean taille 36 acheté exprès pour l’hiver 2029 qui sera tellement rude qu’on aura tous perdu 20 kilos, si je l’essaie ou tout éclate ou tout déborde. Inutile de tenter l’impossible, donc.
Je ferme les yeux sur les reliquats de dictature de la femme poupée, rien n’est prévu pour les bourrelets des hommes, c’est ignoble. « Mais un homme dodu, ça a son charme » comme me dirait la para-pharmacienne d’en face à qui je faisais la remarque un jour, et qui a failli se prendre une claque pour sa remarque stupide. Les poignées d’amour d’un homme ne sont pas plus sexy que celles d’une femme. Parce qu’elles sont poilues. Ca ne se discute pas.
Bref, vu le temps qu’il a fallu à l’Oréal pour comprendre que les hommes aussi se lavent les cheveux, et à Narta qu’ils ont autant besoin que nous de déodorants, les soins anti-boudins pour nos amis les mâles ne verront sans doute pas le jour avant l’été 2030 (lorsque nous aurons enfin un physique de rêve). Dommage pour eux (et pour nous).
Mon dilemme ne se règle pas pour autant. Etant donné la longueur du rayon et l’ensemble d’étiquettes jaunes « promo » pour ces produits, je n’ai plus le choix. Reste à choisir lequel est fait pour moi. Le moins cher, c’est évident. Et encore, à douze euros les cent millilitres, on n’a qu’une seule envie. Replonger dans deux pots de Nutella. Même à trois euros le pot d'un kilo, il reste six euros pour sept kilos de poireaux. Tu parles d’un choix.
18 avril 2006
Pourquoi l'hiver paraît trop long (et l'été mal barré)
Episode 1/3 - La gourmandise est un défaut qui ne se corrige pas
Mon lundi de Pâques a commencé dignement, sur le canapé, une boîte de Ferrero sur les genoux. Tranquille, peinarde, occupée à croquer dans le croustillant pour atteindre le cœur en Nutella. Du bonheur sous papier doré idéal pour un des rares lundis inventés pour buller. Un programme simple, mais terriblement jouissif.
La petite voix de la conscience qui s’était tue jusque là me rappelle que le réfrigérateur est vide, et que si mon estomac se satisfait pour l’instant de mon festin chocolaté, il ne pourra vivre cent ans de noisettes au Nutella (rien que dix ans serait même très optimiste, à moins que l’on accepte une vie faite de poignées d’amour qui dégoulinent du canapé).
Je me lève, sentant par la même occasion mon centre de gravité s’alourdir à vue d’œil, puis pars au Monop’, le magasin qui fait bosser les caissières sans relâche, jour férié ou pas. On se dit que l’on va être seul, mais bien sûr, tout le monde se dit ça, et à midi tapantes, tout le quartier se retrouve au Monoprix. C’est à croire que tout le monde s’ennuie un lundi de Pâques, ou bien cherche une rallonge en chocolat pour terminer le week-end.
Je parie sur une promotion express et immanquable de Ferrero, me dirige vers le coin encore hier plein de ces douceurs. Puis c’est le choc. Seul un loup de la grande distribution est capable d’un tel machiavélisme. Ils ont osé.
En lieu et place des œufs de Pâques, la collection été des amincissants. Anti-bouboule, anti-cellulite, anti-gras, anti-boudin. Anti toutes ces mauvaises choses dont on s’est bâfré la veille et le matin même. Ils sont odieux, mesquins, juste méchants. Ou terriblement opportunistes. Je les hais.
Quizz du jour: de quoi parle l'épisode 2?
* De mon retour les bras ballants pour un après-midi "que vais-je devenir?" sur le canapé mou
* De ma séance effrénée de gym suivie d'une récompense immédiate (mon poids avant effort en Kinder)
* D'un achat instantané de ces arnaques promettant un physique improbable et d'un tartinage compulsif (un pot en une fois pour oublier toutes les fois suivantes)
13 avril 2006
La philo des vaches
“Contented cows give better milk”
Les vaches satisfaites donnent du meilleur lait.
Certes.
Si ce sujet m’avait été posé au bac philo, j’aurais sans doute passé trois pages à définir la notion de satisfaction, puis je me serais penchée sur ce concept appliqué à la vache. Qu’est-ce qu’une vache satisfaite ? Comment reconnait-on une vache satisfaite d’une vache insatisfaite ? De quoi se satisfait une vache ? Le sait-on vraiment ? Une vache peut-elle, du fait de sa condition animale, se satisfaire elle-même ? Etc, etc.
Il est évident que ma formation économique et mon expérience en statistiques auraient pris le dessus à un moment où à un autre. Comment se mesure la satisfaction d’une vache ? Que rapporte une vache satisfaite par rapport au coût nécessaire à la mise en place d’un processus de satisfaction de la vache ? Et enfin, une vache satisfaite autorise-t-elle une augmentation des prix du lait, yaourts et autres produits à base de vache heureuse ?
J’aurais alors sûrement terminé ma dissertation par une conclusion cartésienne et terre-à-terre sur le fait que scientifiquement il n’est pas prouvé que le lait d’une vache heureuse contienne plus de calcium et de vitamines qu’une vache frustrée.
« Contented cows give better milk » n’est pas le titre d’une nouvelle émission de téléréalité (la suite de La Ferme par exemple), mais celui d’un livre. Dont le sous-titre aurait pu être « … et les citrons bien pressés donnent plus de jus ».
Car ce livre est un manuel de management en entreprise.
Il est vraiment temps de se mettre au vert.
10 avril 2006
Acouphènes
Mon voisin d’en face (celui qui m’a percé les tympans pendant trois mois et qui s’est fait haïr de l’immeuble avec ses travaux interminables) est un homme dont beaucoup de femmes rêvent. Le genre baraqué comme un frigo américain, grand, musclé, beau brun qui vous balancerait du « bonjour poupée » à tous les coins de rue. Mais qui faute de Madame dans son studio descend gentiment ses poubelles, trie les ordures et aspire son paillasson tous les dimanches.
Mon voisin a des horaires inhumains, finalement on se ressemble, il part à l’aube, à l’heure où je me lève, et revient à peu près aux mêmes heures que moi. Notre seule différence à cet instant est qu’il sifflote tandis que je m’époumone et sue à grimper mes trois étages à pieds.
L’autre jour, tandis que je crachais mon dernier souffle chargée d’une valise de trois tonnes, mes oreilles se hérissent, entraînant poils, cheveux, dents et tout le reste. Derrière sa porte, un crissement plus aigu que la plus haute octave jamais atteinte vient parasiter mes tympans en rémission. C’est pire qu’un cri de bébé, pire que ma voisine battue, pire que mon voisin chanteur, pire qu’une perceuse à percussion dans un mur bétonné, pire qu’une fraise dentaire épaisse et à sillons de la taille du pouce plantée dans une canine, pire que tout ça réuni.
Je suis sciée sur place. Le bruit s'enfuit violemment et sans prévenir dans un grave tout aussi désagréable, puis il s’arrête. Je sors mes clés doucement, dans la crainte qu’un seul cliquetis ne provoque son retour.
La porte s’ouvre brusquement. Il est tout sourire.
« Je joue du violoncelle ».
Voilà qui est vite dit.
05 avril 2006
L'américain
Au premier abord il est beau, bronzé, rond et luisant. Il fait envie, on se demande s’il faut y aller ou pas, si c’est bien raisonnable, et puis le désir l’emporte sur tout le reste. On s’en empare, il est toujours aussi beau de près, il ne se laissera pas faire aussi facilement, il mérite qu’on lui accorde un temps précieux, un tête-à-tête intime et tout à fait délicieux.
On l’emmène dans sa chambre d’hôtel, enfin tranquille. On mord dedans en regardant les gratte-ciels et le stade de base-ball illuminé qui se réveillent avec l’aube.
L’impression d’avoir planté ses dents dans une éponge humide et épaisse brise le rêve. Derrière la peau bronzée se cachait du mou collant et trop sucré qui envahit la bouche sans vouloir en partir.
Une énorme déception. Je n’aime plus les muffins américains.
15 mars 2006
Appel aux blagues de rousses
Changer de coiffeur est aussi risqué que de traverser une autoroute. Changer de coiffeur, c’est faire un pari. Celui de se dire que si tout rate, ce n’est pas la fin du monde. Ou presque.
La première fois, c’était il y a presque quinze ans (merci à cette phrase d‘être venue plomber ma journée, car il y a quinze ans, je n‘avais même plus de couches, je savais lire, compter, et même répondre aux profs, bref, le temps se rappelle à nous avec une insolence efficace et totalement déroutante). La vraie mauvaise idée. Celle qui vous traverse et s’arrête dans la région « décision impulsive irréfléchie et sans retour possible » du cerveau. L’énorme boulette.
A l’époque je voulais juste des cheveux courts, pour mettre fin à l’éternelle natte de mon enfance. Comme un rite de passage. Des cheveux à la garçonne pour avoir l’air d’une fille rebelle. En jeans, baskets, et tout. Mais de bonnes notes à l’école.
En grande ado que j’étais, je sympathise avec la coiffeuse, une petite brune dont je me souviens encore, avec un piercing dans la lèvre, un chewing gum élastique au possible capable de s‘enrouler autour des dents, de la langue et du clou sans le moindre effort. Avec sur son crâne intelligent, la coupe de cheveux de mes rêves. Raides, carré court, en pagaille. Je bois ses paroles, je voudrais être comme elle.
Visiblement, nous ne nous sommes pas bien comprises. Je suis sortie bouclée, très court, et totalement ridicule. Deux chouquettes au dessus des oreilles. Le reste plat, le tout collant, brillant et incroyablement rigide. Du crin de cheval en barre servi avec une raie au milieu irreversible. Ce jour-là, Coluche a ressuscité. Dans mes cheveux. Et sans humour.
Changer de coiffeur m’a valu une crise de rire incontrôlable de la part du monsieur pas très cool assis en face de moi dans le métro, un hurlement de surprise suivi d’une autre crise de rire de ma mère en ouvrant la porte. Suivi d’une quinzaine de shampooings inefficaces et d’une peur panique de retourner au bahut.
Suite à cette expérience, j’ai passé quelques années chez la même. Une qui avait compris ma détresse et qui m’arnaquait trente euros en ne me coupant rien.
Changer de coiffeur aujourd’hui fut un défi difficile. Avec le recul, je dirais même une occasion ratée de rester fidèle.
Après m‘être faite traitée de « petite tête à maxillaire large nécessitant d’urgence autre chose qu‘une coupe casque à couleur uniforme et fadasse », je ne suis pas sortie bouclée. Mais blonde. C’est pire.
23 février 2006
Créneau, tête de veau
Suite à l’exposition de mon grave problème de créneau, plusieurs visiteurs m’ont répondu, et je leur adresse mes plus grands remerciements. Reste la pratique, que je tenterai la prochaine fois… le 1 avril à 4h du matin, pour être sûre d’être tranquille (le lieu devant rester secret, bien sûr, pour éviter l’attroupement hilare).
Le lien proposé par Raindrop a retenu toute mon attention. En dehors du fait que l’aide au créneau me paraît être une idée fabuleuse forcément inventée par une femme gauchère (qui n’est pas moi mais qui aurait pu l’être si j’avais été un peu plus douée en électronique/physique/chimie… paix à toutes les éprouvettes ayant cédé sous mes doigts de fée), cette innovation vient de Citroën, et là, je me dis que soit je rentre dans le profil consommateur de ce type de voiture, soit les statistiques montrent que cette marque est particulièrement attaquée aux flancs par ce problème.
Bref, deux phrases m’ont particulièrement interpellée.
« Lorsqu'une place de parking de taille suffisante est détectée, un signal sonore retentit. »
Magique. Quel parisien (pressé, énervé, et suivi par douze congénères impatients et surexcités) n’a jamais eu envie de faire rentrer sa voiture dans le mètre carré juste avant le passage clouté (lui même entravé par un 4x4, sinon c’est simple, pas de créneau, juste un zigzag brutal) ? Entre le feu rouge et la grosse poubelle verte (en restant bon joueur, c’est-à-dire sans envoyer valser la poubelle de l’autre côté de la rue) ? Qui n’a jamais fini au bout de quinze manœuvres par se rendre compte que non, le carrosse ne passera pas même pare-choc contre pare-choc ? (et qui donc a du refaire trente autres manœuvres pour sortir l’éléphant du pot de yaourt en gardant la tête haute face aux passants qui se marrent et celui derrière vous qui est en Smart et à qui il reste encore de la place pour ouvrir son coffre…)
Le seul défaut du système, c’est qu’un signal sonore n’est sans doute pas assez. Car un bip sonore veut-il dire « les doigts dans le nez », « ça passe » ou bien « mathématiquement, c’est bon » ? Le système s’adapte-t-il au conducteur ? (« Etant donné tes compétences, et les quinze mètres qui séparent les deux voitures garées, oui, tu rentres »)
« Totalement déchargé de l'action sur le volant, le conducteur ne fait qu'avancer ou reculer le véhicule conformément aux instructions visuelles ou sonores qu'il reçoit. »
Là aussi, quelques incertitudes demeurent. J'applaudis de mes deux mains gauches la possibilité de laisser le volant à ma voiture (?) mais que se passe-t-il si le système se trompe ? Qui est responsable ? Dois-je alors laisser un petit mot sur le pare-brise « désolée, ce n’est pas moi, j’étais déchargée de l’action sur le volant, merci de contacter le constructeur » ?
Instructions sonores. « Tu vas braquer, triple idiot ?! », ou bien « veuillez faire une rotation de 47,5° vers la gauche en maintenant le petit doigt décolé du volant » ? Que se passe-t-il si les ¾ du trottoir sont largement dépassés dans le pare-brise arrière ? A qui dois-je parler ? La petite voix va-t-elle me répondre (à part « ferme-la, laisse moi faire ») ?
Bref, de quoi faire croire aux hommes qu’il n’y a pas une mais deux femmes dans la voiture. Donc très dangereux pour tout couple que le sujet conduite rend conflictuel.
A ce stade, autant prendre un chauffeur. Ou son vélo.
22 février 2006
L'art et la (mauvaise) manière
La bonne nouvelle est tombée: je vais avoir une voiture de fonction.
Veinarde, se disent beaucoup.
Géniaaaaal, me répondent mes copines.
Et les créneaux, tu vas faire comment? me demandent ceux qui me connaissent vraiment (à commencer par ma mère).
Parce que jusqu'à maintenant, les quatre bosses symétriques plantées sur le crâne intelligent de ma Saxo ne regardaient que moi. Et parce que d'ici peu, plus question de faire la moindre rayure. Grosse pression.
Alors pour éviter de devoir tourner en rond sans jamais me garer, il est temps d'apprendre. Petit résumé de ma méthode à l'attention de ceux qui s'y connaissent. De ceux qui savent faire le fameux coup de rein du lézard, gauche, droite, gauche, et voilà qui est fait, tandis que d'autres tournent leur volant sans direction assistée, au petit bonheur la chance qui ne tombe jamais.
Merci à tous ceux qui identifieront la clé du problème, car j'ai beau réfléchir, je ne vois pas ce qui cloche. Et pourtant, ça cloche.