23 mai 2006
Photo du jour
La gym du chat
Louloutte est souple comme un élastique. Elle peut bien rester un quart d'heure dans cette position sans ressentir le moindre fourmillement dans les pattes.
Tel chat, tel maître. Certainement pas. En tout cas, pas dans ce domaine.
15 mai 2006
Les faits, rien que les faits...
Photo du jour
Ne me dîtes pas après ça que mon chat ne se prend pas pour une star. A tous ceux qui en doutaient, en voilà bien une preuve supplémentaire.
Nouvelles pompes, nouvelle boîte, et une Louloutte aux anges. Depuis le temps qu'elle n'avait plus rien de neuf à squatter...
A ce stade de notre relation, il était temps de faire un bilan. Résumons donc la situation...

La question qui en découle est donc: "Mauvaise maîtresse, n'as tu donc pas prévu de coin special chat?"
Ce à quoi je réponds sans me démonter...

(Notez au passage que ces coins spécial Louloutte, qu'il ne me viendrait jamais à l'idée de squatter sous peine de devenir folle, sont vides de chat.)
Mais alors, lui arrive-t-il de se prendre pour un vrai chat à sa mémère dans son panier?
Oui, les jours où j'invite mes amis à la maison.
Comédienne, Louloutte?
Si peu...
07 avril 2006
Pourquoi Louloutte aimerait être à ma place
Et moi à la sienne.
Parce que si elle était moi, elle aurait tout le beefsteak et pas seulement les bouts de gras, elle ouvrirait le réfrigérateur et ferait son choix en laissant ses babines la guider, elle irait dans mon lit se lover entre les deux coussins et regarderait les oiseaux par la fenêtre en profitant de la chaleur, elle pourrait prendre des bains sans avoir peur de l’eau, et pourrait s’agiter le lasso à plumes pour ses jeux matinaux.
Et parce que si j’étais elle, ma condition de chat ne m’aurait pas permis de passer ces trente dernières heures sans fermer l’œil. Et j'aurais pû m'étaler sur ce moelleux jaune.
24 mars 2006
Départ
Mon chat me fascine.
Chaque fois qu'une valise est exhumée d'un placard, poussiéreuse et déformée, Louloutte sent le danger. Il suffit parfois de peu pour que la boîte à chat soit de retour, et la panique la gagne. Elle se carapate alors sous le canapé massif, en son centre de gravité, qui est également l'endroit le plus difficile à atteindre pour moi. Que l'envie me prenne de bouger ce meuble ne change rien, le chat se déplace au fur et à mesure, jusqu'à ce qu'une planque plus sécurisée soit à hauteur de ses grandes enjambées.
Lundi, la valise était neuve, sans a priori, sans boîte à chat non plus. Un vrai leurre. Et le poisson a mordu.
Elle a reniflé la chose avec intérêt, se demandant comment elle pourrait lui servir, ce qui est à moi étant par définition d'abord à elle. Elle s'est gratté le menton, a tenté d'ouvrir les poches avec ses griffes, y a laissé quelques traces d'une imminente appropriation de l'objet.
Il s'est alors produit quelque chose. Un déclic. Une pensée de chat soudaine et furtive. Elle s'est arrêtée, m'a regardée en dressant ses oreilles, leur faisant faire un tour sauvage de 360°, puis s'est sauvée. Elle a stoppé net à la frontière du canapé, se demandant à quel voyage cette valise pouvait faire référence.
Parce qu'un voyage est bien dans l'air.
Elle est alors retournée vers l'ennemi, en a pris le contrôle, et n'en a pas bougé de la journée, préférant renoncer à la pâtée plutôt que de rater le départ.
Le panier à chat est à côté et inutile.
Je pars bientôt. Elle ne bouge pas. Vit sur cette valise tant que mes yeux sont ouverts, puis vient me rejoindre lorsqu'ils sont bien fermés.
A chaque départ, le lien se renforce, incroyablement puissant et inéluctable. Le temps passera vite, elle sera traitée en reine en mon absence, elle sera aimée comme chez moi. Elle me fera une tronche de chat mal luné à mon retour, refusera de venir me sentir, au point qu'il faudra que je déplace lit ou armoire pour la récupérer.
J'ai tellement hâte.
01 janvier 2006
Bonne année
Meilleurs voeux à tous, que la philosophie épicurienne du chat soit avec vous.
Le chat ne fait que ce qui lui plaît à l'instant où son désir naît. Il oublie puis repart dans sa quête du bonheur instantané et naïf. Il n'agit que dans son propre intérêt, n'étant sur vos genoux que pour quelques minutes de caresses et d'extase, ignorant les griffures brûlantes causées par son pétrissage langoureux.
Il peut aussi y avoir du plaisir là où le bonheur des autres se trouve. Et c'est ce qui m'amène à vous souhaiter le plus beau pour cette année.
Emmanuelle
(bien évidemment, cela ne concerne pas celui qui m'a volé toutes mes affaires la veille de Noël, pour qui je ressens le plus grand des mépris et à qui je ne souhaite rien de bon - ma grandeur humaine s'arrête là.)
29 novembre 2005
Idée de chat
Le chat n'est pas contrariant. Il cherche juste le meilleur endroit au meilleur moment. Ce qui ne veut pas dire que cet endroit et ce moment vous conviennent. Quoi qu'il en soit, il faut s'incliner, car à peine chassé, le chat revient, jusqu'à ce que l'adversaire (vous) cède.
Dans son regard, pas une once de culpabilité. Rien qu'une interrogation passagère sur mon air désabusé.
Tout passe, puisqu'en lieu et place d'un film sans postérité, j'arrive enfin à prouver que mon animal a désormais bel et bien conquis tout l'espace.
15 novembre 2005
Psychanalyse féline
Ma relation avec mon chat vient de prendre un tournant historique, dont je n’arrive pas pour le moment à mesurer la gravité. Pour elle ou pour moi.
Depuis quelques jours, Louloutte, qui comme tout chat digne du nom cherche à étendre son territoire par tous les moyens, tente un coup d’état, un putsch, une révolution. Avec le moyen le plus puissant dont elle dispose. Elle prend l’appartement pour une litière géante. En y réfléchissant bien, si j’étais un chat, je ferais sans doute pareil. Pourquoi se contraindre à un bac granuleux lorsque l’on peut poser ses cuissots poilus sur une veste soyeuse ou sur tout autre linge propre qui sent bon ?
La première fois, je râle. La deuxième fois, je m’énerve. La troisième, je crise. Mais comme tout être humain face à un cerveau moins développé que le mien, je ne me remets sûrement pas en cause. Du haut de ses cinq ans, ce chat est un pervers, qui me veut du mal, voire me provoque et me cherche des tiques. Malgré tout l’amour que je lui porte. Tout est de sa faute.
Bien entendu, ce raisonnement primitif ne fait pas avancer le problème, qui reste bien là, collé à mes lessives du dimanche, tenace en odeur et particulièrement irritant pour le moral.
Voilà que je me mets à quatre pattes, face à la sauvageonne qui frétille du museau, se demandant à quel jeu je cherche à l’associer, elle se rapproche, me sniffe, sent le vent de la colère qu’elle désamorce inévitablement en frottant sa joue contre la mienne. A cet instant, je réalise qu’il va falloir aller plus loin. Et c’est là que toute connaissance sur la psychologie du chat s’annonce fondamentale.
Je tente une négociation avec l’animal, lui parle avec amour, la supplie d’arrêter, accepte même de jouer plus longtemps que d’habitude, atteignant le tréfonds de la servitude, mais cette fois, c’est vraiment pour la bonne cause. Louloutte qui m’aime s’installe donc paisiblement sur ma pile de linge à repasser, tout en m’écoutant avec attention, puis se relève calmement, me laissant sans voix face au cadeau du samedi.
Plus qu’une solution. Le vétérinaire, un grand gars tout simple et plus zen que quatre générations de moines tibétains, passe tout en revue, conclut que je suis une bonne maîtresse (soulagement) mais que mon chat me fait part de son mal-être. Donc Louloutte, qui a passé une partie de sa vie dans une poubelle, qui est désormais munie de cinq coussins persos, de deux gamelles pleines de Gourmet Gold et de son herbe anti-boules de poils, nous fait une déprime.
Le véto change de ton, me demande si moi, je vais bien. Ca y est, c’est de ma faute. En vérité, non, ça ne va pas, surtout depuis que j’ai l’impression d’habiter dans une litière. J’en rêve même la nuit. Il me répond « en effet, c’est le chat qui se mord la queue », me plongeant dans un sombre questionnement sur l’identité du chat dans cette phrase. Il sort son bloc-notes, je m’attends à recevoir une ordonnance de Prozac rien que pour moi. Venant d’un vétérinaire, je trouverais la situation cocasse mais pour Louloutte, rien n’est trop beau.
Sur le papier, un dessin qui ressemble à un anti-moustique électrique avec un nom barbare, inconnu de ma liste de courses.
« Un diffuseur de phéromones anti-stress, ça vous calmera toutes les deux. Si ça ne marche pas, il faudra consulter un comportementaliste ».
Mon chat sur un divan, et moi dans une litière. On est d’accord, quelque chose cloche. Sauf que depuis deux jours, tout va pour le mieux.
21 octobre 2005
Louloutte, je t'aime (mais par pitié épargne moi!)
Depuis longtemps, je n'ai pas loué les grands mérites de mon chat, ma Louloutte en sucre. Ô Chat béni qui s'étire en s'agrippant aux rideaux, les creusant de trous inégaux tout à fait inélégants, fait ses griffes sur les pieds de ma table ou de mon canapé, miaule à trois heures du matin parce qu'il est l'heure de jouer.
Avant qu'elle ne reprenne ses représailles pour cause de vacances (que les associations de défense des animaux se rassurent, je la confie aux bons soins de ma maman qui la traîte en reine, sultane et impératrice), j'en profite pour clamer haut et fort à quel point je l'aime.
Avant qu'elle ne se venge avec l'ingratitude propre au chat d'un tel sort, et qu'elle n'urine sur mes fringues. En me regardant droit dans les yeux.
23 septembre 2005
Déchéance d'une star
Louloutte est une star. Une comédienne. Qui comme toute comédienne doit faire face aux bides, aux ratages, et autres dérapages imprévus. La gamelle de mercredi était hors catégorie. Une perle dans notre histoire. Un jour de honte pour elle que son orgueil de chat aura bien du mal à surmonter.
Depuis deux jours, elle prend son air hautain et fier le jour. La nuit, elle vient discrètement poser sa tête sur la mienne, n’imaginant pas une seconde que son ronronnement rassuré me fait hausser du sourcil.
Mercredi dernier, Louloutte s’est vautrée. Dans la baignoire. Presque pleine. Avec moi dedans.
Mon chat aime marcher sur le rebord de ma baignoire, elle s’y pose acrobatiquement pendant que je me lave, aussi fascinée que pétrifiée par cette eau qui coule, mousse et fond sous ses pattes. Une goutte l’atteint sur le poil et elle est déjà sous le lit. Une vraie trouillarde. Qui se prend pour une cascadeuse hors pair.
Pourtant ce jour-là, son instinct d’animal a pris le dessus. Tout ça pour une mouche. Une stupide mouche noire grasse, profondément mesquine, est venue voler dans la salle de bain embuée, titillant les oreilles de Louloutte. Qui la tête dans le plafond, en a oublié son équilibre précaire. La voilà qui glisse sur le rebord mouillé, et c’est avec infiniment d’incompréhension au fond des yeux qu’elle s’est vue faire le saut de l’ange, en beaucoup moins gracieux, pour atterrir avec un plouf paniqué dans l’eau du bain.
Attraper un chat qui s’agite, tente d’agripper les parois de la baignoire en y plantant des griffes aussi aiguisées qu’inutiles, tandis que votre main tient la paume de douche que l’autre a fini de vous transformer en bonhomme en mousse est mission impossible. Il faut tout lâcher, calmer sans résultat Louloutte qui miaule de peur et refuse net votre aide (car l’orgueil est toujours là quoi qu’il arrive). L’attraper sous le ventre et jeter le paquet de l’autre côté du radeau.
Le tas trempé se précipite sous le canapé avant même que je n’ai le temps de saisir une serviette. Qui serait tant efficace, mais qui n’inspire plus aucune confiance à ce chat qui en plus vous en veut.
Elle n’a pas bougé de la soirée, tandis que pliée en trois sur le parquet, je tentais d’éradiquer la mare formée par son égouttage naturel.
Depuis mercredi, elle n’approche plus de la salle de bains, et m’assiste dans mes ablutions, assise à la frontière, sur le pas de porte, près des serviettes.
Une chose est sûre. On ne l’y reprendra pas. Quelle que soit la taille de la mouche.
13 septembre 2005
Manucure
Arrêter de se ronger les ongles, c'est un peu comme arrêter de fumer. Impossible de réussir si les éléments de votre foyer ne se résignent pas à cesser en même temps que vous.
Louloutte déteste le service de manucure que je lui propose à titre grâcieux. En même temps, si j'étais à sa place, je ferais pareil, mon outil de travail ressemblant à une pince de dentiste speciale "arrachage de dents récalcitrantes", un truc qui fait penser immédiatement à une mare de sang et à la douleur brûlante des ongles coupés trop courts.
Et puis, couper les ongles de son chat équivaut à un défi Koh-Lanta. Il faut coincer l'animal dans une pièce petite et sans planque, d'une main le prendre délicatement sous le ventre en évitant les griffes sur-aiguisées, saisir de l'autre main une des pattes en évitant les lames des trois autres, pousser sur le coussinet pour faire sortir les ongles, de la troisième main que vous n'avez pas, attraper le coupe-ongle qui ne se présente jamais dans le sens qu'il faut (ou qui a glissé sous le lavabo pendant votre empoignade musclée avec le fauve), éviter la gueule du chat qui dans la bataille se trouve près de votre oreille droite. Tout en restant concentré car un coup de ciseau mal placé peut rendre Louloutte folle de rage. A la fin du combat, vider votre brosse autocollante sur vous-même et sur l'animal traumatisé, car sous l'effet de l'angoisse, le chat a perdu la moitié de ses poils, un quart réparti en couche épaisse et volatile sur le dos, l'autre quart inévitablement transféré sur l'ensemble de vos vêtements du jour.
A la place, Minoutte préfère se les ronger elle-même, c'est beaucoup plus marrant et surtout bien mieux exécuté. Finalement, elle et moi, on se ressemble, lorsque j'étais petite et que ma mère me faisait le coup de la coupe hebdomadaire des ongles, je pleurais de douleur (et de mauvaise foi) avant même que l'instrument ne soit dans la même pièce que moi. Je les rongeais donc avant pour qu'il n'y ait plus rien à sectionner.
Avec ou sans pince, de toute manière, c'est à moi d'aller récupérer les coquilles vides sous le canapé.
Esclave je suis, esclave je reste.
Sauf pour mes ongles, il n'y a que moi que ça regarde.
